Fumeur ou vapoteur : ce que votre tabac coûte à votre assurance de prêt

Pour un assureur emprunteur, le tabac est l’un des premiers facteurs de risque. Un fumeur paie en général une surprime et peut se voir appliquer des exclusions. Encore faut-il savoir qui est considéré comme fumeur, comment traiter la cigarette électronique et ce qui change lorsqu’on arrête. Les réponses à ces questions pèsent directement sur le coût du crédit.

Qui est considéré comme fumeur ?

La définition retenue par les assureurs est plus large qu’on ne le pense. Elle ne distingue pas le fumeur occasionnel du gros fumeur.

La règle des 24 mois

Situation Statut pour la plupart des assureurs
A fumé, même occasionnellement, au cours des 24 derniers mois Fumeur
Cigarette, tabac à rouler, pipe, cigare Fumeur
Consommation de cannabis Fumeur
Aucune consommation depuis plus de 24 mois Non-fumeur

Le cas de la cigarette électronique

  • la plupart des assureurs assimilent le vapotage au tabagisme ;
  • certains distinguent le vapotage sans nicotine ;
  • les conditions générales précisent la définition retenue, à vérifier avant de signer.

Pour bien déclarer son statut :

  1. repérer la définition du fumeur dans le questionnaire ou les conditions générales ;
  2. compter précisément la durée depuis la dernière consommation ;
  3. déclarer le vapotage si le contrat le demande, avec ou sans nicotine.

Pour la plupart des assureurs, avoir fumé une seule fois au cours des 24 derniers mois suffit à être classé fumeur.

Combien coûte le statut de fumeur ?

La surprime varie selon l’assureur, l’âge, l’état de santé, la profession et le montant emprunté. Son effet est d’autant plus fort que l’emprunteur avance en âge.

Un exemple d’effet sur le tarif

Profil TAEA moyen (UFC-Que Choisir, chiffres 2025)
Emprunteur de 46 à 50 ans 0,76 %
Emprunteur de 51 à 60 ans 0,90 %
Fumeur de 50 ans Peut payer le tarif de la tranche supérieure, soit 0,90 %

Les autres conséquences possibles

  • des exclusions liées aux maladies du tabac, inscrites au contrat ;
  • des questions de santé plus approfondies ;
  • un test de cotinine, qui détecte le tabac dans la salive ou l’urine, pour les montants élevés.

L’impact se mesure en trois temps :

  1. comparer le TAEA fumeur et non-fumeur d’un même contrat ;
  2. multiplier l’écart mensuel par la durée du prêt ;
  3. vérifier les exclusions spécifiques au tabac.

Selon UFC-Que Choisir, un fumeur de 50 ans peut payer le tarif d’un non-fumeur de la tranche d’âge supérieure.

Pour comprendre cet indicateur, lisez notre article sur le TAEA de l’assurance emprunteur.

Mentir sur son statut : un risque majeur

La tentation de se déclarer non-fumeur existe. Elle expose pourtant à des conséquences bien plus lourdes que la surprime évitée.

Les sanctions prévues par le Code des assurances

Type de fausse déclaration Conséquence
Intentionnelle (article L113-8) Nullité du contrat, cotisations conservées par l’assureur
Non intentionnelle (article L113-9) Indemnisation réduite ou hausse de la cotisation

Ce qui se passe en cas de sinistre

  • l’assureur vérifie les déclarations à partir du dossier médical ;
  • une fausse déclaration découverte peut priver la famille de toute prise en charge ;
  • le prêt reste alors dû par les co-emprunteurs ou les héritiers.

Les bons réflexes :

  1. déclarer son statut réel, même pour une consommation occasionnelle ;
  2. conserver une copie de son questionnaire signé ;
  3. informer l’assureur si l’on recommence à fumer en cours de contrat.

Une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat d’assurance, au titre de l’article L113-8 du Code des assurances.

Arrêter de fumer pendant le prêt

Le statut de fumeur n’est pas définitif. Un emprunteur qui arrête peut faire baisser sa cotisation en cours de contrat.

Les deux voies pour en profiter

Voie Condition Démarche
Révision du contrat actuel 24 mois sans tabac, sans rechute Demande à l’assureur, test de cotinine possible
Changement d’assurance Garanties équivalentes à celles exigées par la banque Substitution à tout moment grâce à la loi Lemoine

Les autres leviers

  • la délégation d’assurance, qui met en concurrence les tarifs fumeur ;
  • un contrat calculé sur le capital restant dû, dont la cotisation baisse au fil du prêt ;
  • une quotité plus élevée sur le co-emprunteur non-fumeur.

Pour faire valoir son nouveau statut :

  1. attendre 24 mois complets sans tabac ;
  2. demander un nouveau tarif à son assureur ou des devis concurrents ;
  3. déposer une demande de substitution à la banque si l’offre est meilleure.

Après 24 mois sans tabac, un emprunteur peut demander à son assureur de le reclasser en non-fumeur.

Pour changer de contrat, suivez notre article sur la délégation d’assurance emprunteur et notre modèle de lettre de résiliation.

Assurance emprunteur fumeur : déclarer juste, puis renégocier

Être fumeur renchérit l’assurance emprunteur et peut entraîner des exclusions, mais le statut se déclare honnêtement : une fausse déclaration coûte bien plus cher qu’une surprime. Le vrai levier se trouve ailleurs, dans la mise en concurrence des assureurs et dans l’arrêt du tabac. Après 24 mois sans fumer, la loi Lemoine permet de faire valoir ce nouveau profil à tout moment.

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